27.07.2009
Le CEVA en 5 points
Je ne suis qu'un simple citoyen, affilié à aucun lobby, qui ne fait plus de politique depuis longtemps, mais qui croit à une région franco-valdo-genevoise intégrée, qui, avec le temps, saura organiser son avenir malgré les problèmes administratifs inhérents à la frontière. Je constate qu'un lobby "Anti-CEVA" s'est formé, qu'il semble disposer de moyens importants déjà au moment de récolter des signatures pour son referendum contre le complément budgétaire voté par le Grand-Conseil.
Nous devons avoir une vision à moyen/long terme de notre agglomération, ceci malgré les aléas auxquels semblent s'attacher les opposants. Cette vision doit primer sur les difficultés de la réalisation, c'est pourquoi il faut soutenir ce projet:
1 Le CEVA, un outil de développement de l’agglo
Nous nous acheminons vers une agglomération de l’ordre du million d’habitants, soit 200'000 habitants de plus et 100'000 emplois supplémentaires. Une mobilité dynamique et multimodale est donc urgente et indispensable pour assurer le maintien et la croissance du niveau de vie de la région. Nous savons que Genève est un cul de sac ferroviaire qui a freiné un siècle durant l’utilisation plus intensive des transports publics. Il est absurde de se couper de la rive gauche qui devient de plus en plus dense en populations, mais aussi de plus en plus dynamique économiquement parlant (p. ex. Vallée de l’Arve). Dans le cadre du Projet d’Agglomération franco-valdo-genevoise, le CEVA constitue un maillon important et structurant du développement régional dont on ne peut se passer. Les opposants font penser à ceux qui, à l’époque, s’opposaient à l’autoroute de contournement qui, aujourd’hui déjà, est saturée !
2 Un projet du XIXe siècle ?
Parce que la concession fédérale existe depuis 1912, les opposants considèrent le CEVA comme un projet du XIXe siècle. Si les conditions socio-économiques ont changé, cette liaison n’en demeure pas moins indispensable, elle correspond, aujourd’hui comme hier, aux importants flux de déplacements de l’agglomération. Si la liaison avec St-Julien et Archamps n’est pas prise en compte, le CEVA constitue tout de même une base de laquelle toute évolution future de ce RER pourra être envisagée. Ce qui est sûr, c’est que le projet existe et qu’il est prêt à être réalisé, alors que toute variante fera perdre une bonne dizaine d’années à Genève pour satisfaire un besoin urgent de mobilité.
3 Trop facile de dire que c’est trop cher !
Les opposants en ont fait leur slogan : « Deux milliards pour le CEVA, c’est trop cher ! ». A l’heure actuelle, personne ne parle d’un tel montant, puisque le référendum en cours ne concerne que les 113 millions supplémentaires nécessaires au démarrage du projet qui s’ajoutent aux 950 millions déjà budgétés. La Confédération prendra en charge 58% du projet, plus values comprises. Tout projet étalé sur plusieurs années subit des renchérissements inévitables, mais nul ne peu prétendre avec certitude que l’on atteindra les 2 milliards. Sachant l’argument porteur, les opposants n’hésitent pas à le proclamer, même s’il porte une part importante part de démagogie et de vérités impossibles à étayer, donnant ainsi un gros coup à leur crédibilité !
4 Le CEVA n’est pas contre Colovrex, la traversée du lac, ni contre les 3e voies ferroviaire et autoroutière.
Les autres grands projets de l’agglomération ne peuvent en aucun cas constituer une alternative au CEVA, mais bien plutôt des compléments utiles et intéressants. Oui, le déplacement de la zone industrielle de la Praille (ou d’une partie de celle-ci) vers Colovrex va dans le bon sens en raison des avantages logistiques qu’elle offre : proximité de l’aéroport, de la gare CFF (avec une prolongation possible des voies vers le site), de l’autoroute, de la frontière (avec possibilité d’aménager aisément une zone hors-douane). La traversée du Petit-Lac va également dans la logique de l’aménagement de l’Agglo en constituant une ceinture complète de la ville. De même pour les troisièmes voies ferroviaires et autoroutières. Lorsque l’on connaît la lenteur de la gestation des projets à Genève, le CEVA ne doit en tous cas pas être mis en concurrence avec eux, ce seront ceux de la génération suivante !
5 Une mauvaise décision vaut mieux que pas de décision du tout !
Au-delà de leurs slogans démagogiques, les opposants font aussi des remarques intéressantes, dignes d’être prises en compte. Cependant, il arrive un moment ou il faut décider et appliquer la décision ! L’acceptation du referendum signifierait l’arrêt du projet, une reprise en compte des arguments présentés selon les procédures démocratiques habituelles, soit un retard d’au moins 10 ans pour une réalisation indispensable à Genève ! Cela équivaudrait à ne pas prendre de décision, c’est-à-dire continuer à parler de développement durable sans pouvoir l’appliquer, continuer de parler Projet d’Agglo en oubliant l’une de ses pièces maîtresses, continuer de parler mobilité multimodale en la bafouant, etc.
Tous les grands managers l’affirment : Le manque de décision a toujours provoqué des catastrophes qu’une décision, même critiquable, n’aurait jamais engendrées !
18:05 Publié dans Projet d'Agglo | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : ceva, agglo, rer


Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://jbbusset.blog.tdg.ch/trackback/33010
CEVA: NON à la démagogie populiste antifrontaliers et OUI aux transports en commun
Genève est un canton frontalier. Avec les communes voisines du canton de Vaud, de la Haute-Savoie et de l’Ain, il forme une agglomération de 900 000 habitant-e-s qui partagent les mêmes problèmes de logement, de transport, d’environnement, de travail...
Trackback par : Le blog de solidaritéS | 18.11.2009
Commentaires
Tout à fait d'accord avec votre argumentation!
Il y a trop de contrevérités lancées par des opposants qui ne se soucient absolument pas d'une meilleure mobilité à Genève. Ils inventent des chiffres et des arguments qui ne sortent de nulle part. Le peuple genevois saura le donner tort.
Ne pas créer le RER tel qu'il a été prévu serait un pur gâchis: en temps, en argent, en ressources.
Juani
Ecrit par : juani | 27.07.2009
Bravo Jean-Bernard de t'impliquer et de défendre un projet certainement nécessaire au Canton de Genève.
Ecrit par : Jean-Claude Berreux | 29.07.2009
Merci mon cher Jean-Claude, et heureux de te lire en ces lieux ! C'est vrai que s'il ya des Valaisans et des Fribourgeois à Genève, il peut aussi y avoir des Ormonans !
Ecrit par : Jean-Bernard Busset | 29.07.2009
Bonjour,
merci pour votre engagement. Je me permettrai probablement de reprendre votre article (en vous citant bien évidemment) afin d'alimenter les blogs que j'administre et faire en sorte que le plus grand nombre de défenseur du CEVA continuent d'être alimenté en réflexion.
Philippe Colomb
www.pro-ceva.com
http://pro-ceva.blog.tdg.ch/
Ecrit par : Philippe | 29.07.2009
Comment peux-tu affirmer qu'une mauvaise décision vaut mieux que pas de décision ! Cela me choque venant d'un ex conseiller municipal démocrate ! C'est la population qui doit pouvoir s'exprimer sur le sujet,pas seulement les technocrates. Avant de se lancer dans des travaux qui n'ont rien d'écologiques, commençons par exploiter les possibilités qui existent pour faire effectivement du développement durable! T'es-tu un jour posé la question pour quelle raison le RER La Plaine-Genève n'est pas mieux exploité pour acheminer les frontaliers du Pays de Gex et de l'Ain jusqu'au centre ville ? Cela ne coûterait pas 1 milliard de revitaliser la ligne, d'augmenter les fréquences et de créer des P+R à Bellegarde ou dans la ZIMEYSA. Il faut 7 minutes de la gare CFF de Vernier-Meyrin pour rejoindre Cornavin.... Pourquoi nos technocrates préfèrent-ils investir dans le CEVA ou le TCMC, alors que le RER La Plaine-Cornavin est sous-exploité. Le petit P+R (50 places) de Vernier-Meyrin est vide à longueur d'année... Prenons les bonne décision et pour cela consultons la population, c'est la moindre des choses dans un Etat démocratique
Ecrit par : J-F Girardet | 29.07.2009
Mon cher JF, décider de réaliser le CEVA n'est pas une "mauvaise" décision, mais même s'il s'agit d'une décision imparfaite, il faut le réaliser. Ne rien faire, accepter le statu quo, c'est activer le conservatisme voulu par les opposants. Je n'ai rien contre le fait que le peuple ait à s'exprimer sur le sujet, mais pas avec des slogans populistes du type "2 milliards, c'est trop !", sans mettre en valeur la vision d'une agglo franco-valdo-genevoise créatrice de la qualité de vie de demain. Quant à la question "d'acheminer les frontaliers", ce type de question est hors-sujet, nous habitons tous dans la même région, sans distinction administrative, et avons tous intérêt à disposer d'infrastructures de qualité pour travailler et vivre. La comparaison avec Cornavin-La Plaine est sans objet, les problèmes évoqués se situant à un autre niveau, c'est-à-dire ceux résolvables à court terme, alors que le CEVA est destiné à résoudre ceux à moyen/long terme !
Ecrit par : Jean-Bernard Busset | 29.07.2009
Pourquoi la comparaison est-elle sans objet ? Commençons par résoudre les problèmes à court terme avant de projeter des solutions onéreuses ( CEVA) sur le long terme. Le CEVA n'est-il pas prioritairement construit pour faciliter les déplacements de "frontaliers"? D'autre part, une méga agglo franco valdo genevoise n'a rien de folichon pour "améliorer" le cadre de vie ! Si c'était vraiment le cas, je te proposerai de vendre ton appartement des Ormonts pour investir dans un logement à Annemasse proche d'une gare du CEVA... En toute amitié.
Ecrit par : J-F Girardet | 30.07.2009
Pour info, la ligne La Plaine-Genève devrait être modernisée afin de rendre les futurs trains du CEVA compatibles. En vrac : équipement en signalisation CFF au lieu de SNCF et augmentation de la capacité (block automatique banalisé) et passage de 1'500V= à 25'000V~ SNCF. Ca permettra d'utiliser des trains RER bi-fréquences (15Kv~ CFF et 25Kv~ SNCF) ainsi que les trains grandes lignes SNCF sur les mêmes voies. Le projet prévoit qu'une des 2 voies CFF pour Genève-Aéroport soit commutable afin de supprimer le "goulet" de Châtelaine où le RER de La Plaine attends les croisements. Ces projets TRES COMPLEXES sont en cours de préparation, mais d'ici là on peut noter l'arrivée fin août de nouvelles rames climatisées "Flirt" prêtée par le RER tessinois et qui fonctionnent sous 15Kv~ CFF/ 3Kv= FS, compatibles avec le courant 1,5Kv= SNCF en attendant l'arrivée du courant 25Kv~. Comme vous voyez le but est d'uniformiser les différents systèmes. Pour voir ces fameux "Flirt" : http://railsuisse.xooit.com/t1335-Flirt-Tilo-en-service-sur-Geneve-La-Plaine-des-mai-2009.htm. Quand aux polémiques sur les coûts du CEVA, demandez au ZVV combien ils ont payés dans les années 80 pour leur RER et de combien de % le trafic a augmenté depuis (225% je crois). Un tel projet coute cher, justement parce qu'il tient compte de nouveaux impératifs de sécurités de l'OFT et de modifications demandées par les opposants. J'ai lu que les opposants parlent d'un déficit budgétaire de 32 millions. Mais sur combien d'années un tel chantier s'amortit? La ligne de La Plaine a vu son trafic augmenter de 20% malgré ses lacunes... imaginez si un système performant voit le jour!
Ecrit par : Marlétaz C. | 30.07.2009
Il est dans l'intérêt de noute la région franco-valdo-genevoise de construire un RER efficace, nous ne pouvons nous contenter de moderniser les voies existantes. L région souffre d'un vrai retard en matière ferroviaire.
D'alleurs, le RER (et le CEVA) ne serviront de loin pas qu'aux frontaliers, mais à tous les habitants de Genève, de Vaud, de l'Ain, de la Haute-Savoie, aux touristes, etc. Imaginez des liaisons Nyon-St-Gervais (pour le ski!), Renens-Eaux-Vives, Cointrin-Evian, ou même Lausanne-Annecy. On parle d'un bassin de population de près 1 millions d'habitants, qui aujourd'hui ne dispose pas d'une offre suffisante.
Construsons vite ce RER transfrontalier.
Un coup d'oeil sur le film vaut la peine:
http://urbanites.rsr.ch/blog/ceva-le-film/
Salutations, Eric
Ecrit par : Eric | 30.07.2009
besoin de verifier:)
Ecrit par : Nina_Tool | 20.09.2009
Xin chao cac bac, em la thanh vien moi. xin chao moi nguoi
Ecrit par : mantimpaips | 03.11.2010
J'ai vraiment apprécié ton éditorial ; il est plutôt agréable à dévorer! J'espère que les précédents sont aussi intelligemment écrits. ;) Au plaisir.
Ecrit par : Date de sortie Wii U | 27.10.2011
Écrire un commentaire